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Pour l’interdiction d’un anachronisme flottant : les bateaux de croisière

par Nina 17 juin 2024
par Nina 17 juin 2024
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Année 2024, lorsque sa vignette Crit’Air 4 ou 5 empêche le brave travailleur d’entrer dans Paris, 152 navires de croisières assurent 1691 escales sur la façade méditerranéenne française. Avec 575 000 passagers français l’an passé, le secteur de la croisière a progressé de 6 % et devrait poursuivre son embellie selon la CLIA. Seulement, ces paquebots émettront trois fois plus de pollution que l’ensemble du parc automobile français sur un an ou encore autant d’émissions de C02 que 3979 vols Paris-New-York (selon la méthode de calcul utilisée par Greenly, leader français du bilan carbone). Jusqu’à quand ces bateaux villes, qui polluent nos mers, nos airs, qui ne contribuent que très peu à notre économie touristique et à nos recettes fiscales, continueront-ils ce mode de tourisme destructeur ?

À l’heure où le réchauffement climatique, l’érosion des côtes et la montée des eaux remettent en cause l’aménagement de l’ensemble de notre pourtour littoral, les navires de croisière sont responsables de 15 % des rejets des eaux de lavage des fumées du transport maritime, contribuant ainsi à l’acidification et au réchauffement de l’eau de mer et impactant gravement la faune et la flore marines. Ces rejets sapent l’avenir de secteurs économiques entiers, au premier rang desquels la pêche.

Le tourisme littoral n’est pas non plus un grand gagnant de la croissance du secteur des croisières. Les retombées économiques locales sont très minces : un tiers des passagers des paquebots descendent pas dans les communes des ports d’escale et tous sont encouragés à consommer à bord. Et lorsqu’ils débarquent, la sur-fréquentation éclair de ces communes sature les centre-ville, pouvant décourager certains touristes terrestres d’y séjourner. 

Si les recettes des voyages en croisières sont en augmentation, leurs retombées fiscales sont toujours aussi ridicules. Les compagnies peuvent aisément contourner le fisc français en choisissant de domicilier leurs maisons-mères dans des paradis fiscaux ; au Panama, à Chypre… Ou en Suisse, à l’instar de la compagnie MSC Croisières, qui en 2019, n’a payé que 1,4 % d’impôts à Bercy. Un montage habile, que l’ancien directeur financier du groupe MSC a su mettre à profit dans l’intérêt de sa firme lorsqu’il était en fonction avant de rejoindre l’Elysée comme secrétaire général en 2017.

Pour continuer de se développer tout en limitant leurs émissions de CO2, les constructeurs ont désormais massivement recours au gaz naturel liquéfié. En Europe, ce sont la moitié des navires de croisières qui sont propulsés avec ce carburant. La transformation du modèle énergétique paraît pourtant impossible. Si l’usage du GNL émet moins de CO2, les fuites de gaz émises lors de sa production, de son transport et de son utilisation à bord des nouveaux bateaux rejettent plus de méthane ; ce gaz à effet de serre, beaucoup plus puissant que le CO2 accélère encore plus le réchauffement climatique. Ainsi, entre 2019 et 2022, les émissions de méthane des bateaux de croisière en Europe ont été multipliées par 5.

Envisager de taxer davantage l’industrie des croisières impliquerait de croire dans ses capacités de réinvention, ce qui semble aujourd’hui impossible. Ainsi, à l’heure où les sanctions écologiques foisonnent, il conviendrait plutôt de s’intéresser aux croisières et de bannir de nos côtes ce mode de tourisme anachronique.

CroisièreMSC croisièrePollutionRéchauffement climatique
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Nina est rédactrice en chef du journal L'Aurore

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